Au cœur de ma réflexion artistique se trouve la main, symbole de la condition humaine et de notre relation au monde. Dans mon travail de peinture contemporaine, elle représente à la fois la création, la transformation et la transmission. Main du peintre, de l’artisan, du bâtisseur ou du paysan, elle donne forme à la pensée, soigne, protège, cultive et fait naître.
Mais la main est aussi ambivalente : elle peut créer comme détruire, prendre comme protéger, exploiter comme réparer. Elle révèle ainsi notre responsabilité envers le vivant et notre environnement.
Dans mes œuvres, la main devient un symbole de notre pouvoir d’agir et du choix qui l’accompagne. Elle interroge notre rapport à la nature, à la création et à la transformation du monde. Entre domination et soin, exploitation et participation, puissance et responsabilité, elle incarne la possibilité d’un autre rapport au vivant.
À travers cette figure, je cherche à questionner la place de l’être humain dans le monde et sa capacité à mettre sa force créatrice au service d’un avenir plus conscient.
Notre vie suit des parcours sinueux, à l’image de l’eau et de la nature dont nous sommes issus. Nous avons émergé du liquide, nous nous sommes écoulés comme elle, des premiers filets jusqu’à l’océan où nous nous sommes dilués, avant de revenir, au fil de cycles infinis, vers les terres, les sources et les rivières.
Comme l’eau, nous avons façonné la terre. Nous l’avons érodée, déplacée, fertilisée, creusé les montagnes et transformé les paysages. Mais en quittant l’eau pour habiter la terre, nous avons aussi progressivement modifié notre environnement, parfois jusqu’à l’épuiser. Au nom de notre puissance, de notre développement et de nos rêves, nous avons profondément transformé le monde dont nous sommes pourtant issus.
Aujourd’hui, un autre chemin semble devoir s’ouvrir.
Après le temps de la conquête et de la transformation vient celui de la conscience. Il nous faut désormais penser notre place non plus en dehors du vivant, mais au sein de celui-ci.
Cette nouvelle étape est celle de la symbiose : retrouver les liens qui nous unissent à la nature, comprendre notre interdépendance et imaginer une manière nouvelle d’habiter le monde.
C’est dans cet espace de transition, entre mémoire de nos origines et nécessité d’un avenir différent, que s’inscrit mon travail.